Conférences et plénières

Nous accueillerons deux grandes conférencières, Émilie Monnet et Julie Sermon (Université Lyon 2, laboratoire Passages XX-XXI). Nous organisons aussi deux dialogues avec les artistes. La première sera avec des artistes qui font de la partition une part de leur processus créatif : L’orchestre d’hommes-orchestres, The Bakery et Dana Michel. La deuxième plénière sera avec des artistes de musique signée : Dr. Jody H. Cripps, Pamela E. Witcher et Hodan Youssouf.


Conférence inaugurale 1 : Émilie Monnet

«Je suis née libre» : Réflexions autour de la création du spectacle Marguerite et de l’esclavage autochtone en Nouvelle-France 

Présentée par l’institut d’études canadiennes de McGill

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Cette conférence fait part de l’écriture et de la création en cours de Marguerite, prochain spectacle de l’artiste interdisciplinaire Émilie Monnet, qui prend assise sur le procès de Marguerite Duplessis en 1740. À une époque où l’esclavage était monnaie courante à Montréal, Marguerite Duplessis entamait un procès devant le Conseil Supérieur de la Nouvelle France pour revendiquer sa liberté, faisant d’elle la première personne autochtone à avoir mis en branle l’appareil judiciaire d’ici. Sa liberté ne lui sera pas reconnue et elle finira déportée aux Caraïbes, comme c’était le sort de plusieurs esclaves autochtones de l’époque.

Marguerite Duplessis est une héroïne que l’Histoire ne mentionne pas, tout comme sont le plus souvent ignorées les femmes autochtones victimes de violence et de meurtres aujourd’hui. En partant sur les traces de Marguerite, les thèmes de justice, de mémoire et d’amnésie collective sont abordés, révélant de nombreux points de rencontre entre l’histoire et l’actualité, et entre les territoires du Québec et de la Martinique.

Marguerite est imaginé de façon bicéphale : d’une part, un texte choral porté sur scène par trois interprètes ; d’autre part, une forme plus documentaire, de facture audio-numérique. Dans les deux cas la dramaturgie sonore occupe une place prépondérante et s’inscrit dans la démarche artistique d’Émilie Monnet qui vise à créer des espaces immersifs propices à une différente qualité d’écoute face aux récits difficilement accessibles.


Émilie Monnet

Émilie Monnet. Crédit photo : Scott Benesiinaabandan.

De mère anishnaabe et de père français, Émilie Monnet vit à Montréal. Au croisement entre le théâtre, la performance et les arts médiatiques, sa pratique artistique s’articule autour des questions d’identité, de mémoire, d’histoire et de transformation. Ses spectacles puisent dans la symbolique des rêves et des mythologies – personnelles et collectives – pour raconter des histoires qui interrogent le monde d’aujourd’hui. En 2011, elle fonde ONISHKA dans le but de créer des spectacles nés de collaborations uniques entre artistes de différentes cultures et disciplines ; puis en 2016, Scène contemporaine autochtone (SCA), une manifestation artistique et critique faisant place à la création autochtone en arts vivants. Une version réduite de SCA était présentée à Buenos Aires en mars 2017 et réunissait des artistes autochtones du Québec et de l’Argentine. Son engagement artistique s’inspire de nombreuses années d’activisme auprès d’organisations autochtones (Canada et Amérique latine), et de sa participation à des projets artistiques avec des femmes judiciarisées et jeunes autochtones.


Conférence inaugurale 2 : Julie Sermon

Contrées partitionnelles et partages du sensible

Présentée par University of Toronto Press Journals (UTPJ)

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Le terme de « partition », dont l’usage fut longtemps réservé au champ musical, a été investi dès la fin du XIXe siècle et de manière accrue à partir des années 1960 par d’autres disciplines artistiques, au premier rang desquelles la poésie, le théâtre, la danse et la performance. Après plus d’un siècle d’expérimentations, un constat s’impose : la diversité des formes que peuvent prendre les partitions n’a d’égale que la pluralité des discours et des fonctions qui peuvent leur être associées. S’il n’est pas possible – ni souhaitable – de réduire cette hétérogénéité à une formule théorique générale, on peut en revanche mettre en évidence des lignes de force, des zones de concentration, des enjeux communs, en s’attachant notamment :

  • aux traits constitutifs des partitions (leur degré d’ouverture ou de fermeture, de simplicité ou de complexité, de stabilité ou de variabilité, d’homogénéité ou d’hétérogénéité) ;
  • au moment où elles interviennent dans le processus de création(en amont, en aval, au cours) et à la fonction qu’elles endossent vis-à-vis de l’œuvre (conceptualisation, planification, archive…) ;
  • et enfin, à la manière dont elles définissent les rôles et organisent les rapports des différentes instances (auteurs, metteurs en scène / chorégraphes, performeurs / interprètes) engagées dans ces processus.

En analysant les formes concrètes que prennent les partitions, leurs modalités de production, ainsi que les fonctions, théoriques et pratiques, poétiques et symboliques, qui leur sont attachées, je proposerai de distinguer trois grandes « contrées » partitionnelles – ce terme de contrée renvoyant à l’idée d’un territoire artistique caractérisé par un ensemble de tendances (esthétiques et politiques) et de conditions (géographiques et historiques, matérielles et intellectuelles) dont je tâcherai, à chaque fois, de tracer les contours.

In fine, il s’agira pour moi de montrer que la partition s’impose comme un objet et un concept artistique majeur, s’articulant aux – et participant des – principaux renouveaux et questionnements esthétiques et politiques qui ont marqué les arts vivants, du tournant du 20e siècle à aujourd’hui.


Julie sermon

Julie Sermon. Source : https://editions-attribut.com/portfolio/julie-sermon/

Julie Sermon est Maître de conférence à l’Université Lyon 2, dramaturge et assistante à la mise en scène. Ces dernières années, ses recherches sur les écritures modernes et contemporaines, sur les renouvellements dramaturgiques et scéniques que ces formes impliquent, et sur la transformation du personnage en « figure » l’ont conduite à se pencher sur l’histoire, la poétique et l’esthétique des théâtres de marionnette. Elle est membre de l’équipe de recherche « Passage XX-XXI » (Lyon 2), et chercheuse associée aux groupes « Poétique du drame moderne et contemporain » et « Théâtres politiques » (Paris X). Elle a cosigné, avec Jean-Pierre Ryngaert, Le personnage théâtral contemporain : décomposition, recomposition (Éditions Théâtrales, 2006). Elle a également fait paraître, avec Yvane Chapuis, Partition(s) – Objets et concepts des pratiques scéniques (20 e et 21 e siècles) qui retrace l’histoire de l’émergence et les devenirs de l’appropriation de la « partition » dans les domaines extra-musicaux (théâtre, danse, performance).


Plénière 1 :

La partition dans le processus de création : entretiens avec L’Orchestre d’hommes-orchestres (Québec), The Bakery (Montréal) et Dana Michel (Montréal)

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Dans cette séance plénière, des membres du groupe de recherche PRint de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) s’entretiennent avec des artistes de deux compagnies de théâtre (L’Orchestre d’hommes-orchestres et The Bakery) et avec la chorégraphe et interprète Dana Michel. L’objet de la discussion : le rapport entre le processus de création et le concept de partition. Les sujets abordés comprennent les modes de composition, le croisement des langages artistiques et la création collective. Des documents visuels et audio viennent compléter ces échanges.  


L’orchestre d’hommes-orchestres (L’ODHO)

Photo du groupe L'orchestre d'hommes-orchestres
L’orchestre d’hommes-orchestres

L’orchestre d’hommes-orchestres est un collectif d’artistes-musiciens indisciplinés formé à Québec en 2002. Inclassable, à la frontière de plusieurs disciplines artistiques, L’ODHO se définit comme un chantier permanent des arts vivants. Il a une quinzaine de productions à son actif, pour la scène ou pour l’espace public, parmi lesquelles Joue à Tom WaitsCabaret brise-jourTintamarre caravaneLes Palais150 cabanes, Tomates, 7 têtes de roi et Kitchen Chicken. Ses créations ont été présentées dans plus de 90 villes réparties dans une vingtaine de pays d’Europe, d’Amérique et d’Océanie. L’ODHO a reçu de la fondation Glenn Gould le Prix Protégé de la Ville de Toronto 2013 et le Prix Ville de Québec en 2015.

Dana Michel

Dana Michel (née à Ottawa, Canada), est une chorégraphe et performeuse basée à Montréal. Après avoir été responsable marketing, participé à des compétitions de course à pied et joué au football, elle obtient en 2006, à la fin de la vingtaine, son diplôme du programme de danse contemporaine du BFA de l’Université de Concordia. En 2011, elle reçoit une bourse « DanceWeb » (Vienne, Autriche) et est actuellement un artiste en résidence à l’Usine C (Montréal, Canada) ainsi qu’artiste invitée en danse au Centre national des Arts à Ottawa.

Sa première œuvre de performance solo de 60 minutes, Yellow Towel, s’est classée respectivement dans le « Top 5 » et le « Top 10 » de l’hebdomadaire Voir (Montréal) et de Dance Current Magazine (Canada). En 2014, elle a reçu le prix ImPulstanz (Vienne) en reconnaissance de ses réalisations artistiques exceptionnelles et a été classée par le New York Times parmi les chorégraphes féminines de l’année. La même année, Yellow Towel est apparue sur la liste « Top Ten Performances » du magazine Time Out New York. Mercurial George, son tout dernier solo, acclamé par la critique, a été présenté en première au Festival TransAmériques (Montréal) en juin 2016. Les deux pièces sont actuellement en tournée.

En juin 2017, Dana Michel a reçu le Lion d’argent pour l’innovation en danse de la Biennale de Venise (Italie). La même année elle rejoint la compagnie Par B.L.eux fondée et dirigée par Benoît Lachambre en tant qu’artiste associée.

The Bakery

Nouvellement créé, le laboratoire théâtral The Bakery est le fruit de quinze années de collaboration et de création collective interdisciplinaires. Notre visée : allier expression corporelle, image, son et texte dans un événement artistique conceptuel axé sur le plaisir que procurent les arts vivants. Nous nous consacrons à l’exploration du spectacle à travers des expériences théâtrales et des interventions. Notre travail théâtral ne suit pas un modèle traditionnel ; sa structure repose sur la musicalité physique, visuelle et sonore. Nous nous adressons à un public contemporain et abordons ses préoccupations. La conception de nos spectacles s’échelonne sur une longue période de recherche collective. Chaque projet a une esthétique et un processus de création qui lui est propre. Notre démarche est à la fois expérimentale et interdisciplinaire. Elle mise sur la collaboration et l’apprentissage en groupe. Nous donnons d’ailleurs des ateliers hebdomadaires d’improvisation où nous explorons le processus de composition Six Viewpoints et les approches au jeu physique. Leslie Baker (directrice artistique de The Bakery), Joseph Shragge (auteur et conseiller dramaturgique) et Emma Tibaldo (interprète, metteuse en scène et conseillère dramaturgique) prendront part à la séance.


Plénière 2 : Musique signée et musiciens sourds

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La musique signée est une forme artistique interperformative émergente. Elle comprend des performances musicales avec ou sans paroles et se rapporte étroitement à la culture des personnes sourdes locutrices de la langue des signes américaine (ASL) et de la langue des signes québécoise (LSQ). Des musiciens canadiens sourds se sont réunis pour raconter leurs expériences de création de musique signée. Ces expériences ont été réalisées grâce à la créativité des artistes, à leurs activités de recherche et à leurs travaux universitaires. Deux questions étaient au cœur des discussions :

  • Pourquoi sommes-nous devenus musiciens ?
  • Comment crée-t-on nos œuvres ?

La conversation s’est articulée autour de trois pièces musicales : « Masque » (en LSQ), « I Honour You » (en ASL) et « Rain » (en ASL). Au terme de la rencontre, musiciens et chercheurs ont suggéré des pistes à explorer dans les milieux de la recherche, de la formation et du spectacle.


Dr. Jody H. Cripps

Dr. Jody Cripps

Jody H. Cripps est professeur adjoint en langue des signes américaine (ASL) au Département des langues de l’Université Clemson. Il est détenteur d’un doctorat en enseignement et en acquisition des langues secondes de l’Université d’Arizona. Ses travaux de recherche portent sur
la conception universelle, la musique signée, la pathologie du langage des signes, l’apprentissage de l’anglais et de l’ASL, et les méthodes pédagogiques. Grâce à une subvention, il mène actuellement un projet de recherche en ethnomusicologie qui étudie le processus de création et la production d’un spectacle de musique signée au Canada. Ce spectacle novateur s’intitule THE BLACK DRUM. Il est interprété par une troupe de théâtre musical signé, intègre les théories de la musique signée élaborées par Cripps et fut mis à l’honneur au Festival Clin d’Œil de Reims en juillet 2019. THE BLACK DRUM reçoit l’appui du Conseil des arts du Canada par l’intermédiaire de la Société culturelle des Sourds du Canada. En plus de ses activités d’enseignement et de recherche, Jody H. Cripps est rédacteur en chef du Society for American Sign Language Journal. Il est aussi vice-président du The Gloss Institute, un organisme à but non lucratif qui offre aux enseignants et aux parents les outils et les ressources nécessaires afin d’améliorer les habiletés en anglais des enfants sourds.

Pamela E. Witcher

Pamela E. Witcher

Pamela E. Witcher est interprète, traductrice, médiatrice culturelle, conservatrice de musée et artiste multidisciplinaire. Elle trouve essentiel de combiner anciennes et nouvelles découvertes pour bousculer les idées reçues et changer les mentalités. Lorsque les communautés de personnes sourdes utilisent l’art et la documentation pour créer de l’information, leur existence se
concrétise, elle est reconnue, et elle est valorisée. Pamela a présenté son travail au Festival international du livre d’Édimbourg, à l’Écomusée du fier monde, à l’exposition Quebec on the Move!, dans la revue À Bâbord et dans Signed Music: A Symphonious Odyssey. Ses dernières œuvres de musique signée ont été jouées au Phenomena Festival 2019, au VIBE Symposium 2018: Challenging ableism and audism through the arts et au colloque Celebration
of Sign Language 2015: Revisiting Language, Literacy, and Performing Arts à l’Université Towson. Elles ont aussi été produites au Cabaret Mado dans le cadre du spectacle Les Drags te font signe. Parallèlement à ses activités artistiques, Pamela travaille comme gestionnaire des relations communautaires au Service de relais vidéo canadien.

Hodan Youssouf

Hodan Youssouf

Née en Somalie, Hodan Youssouf est sourde depuis l’enfance. Le pays n’a pas de services adaptés aux personnes sourdes, ses parents décident de l’envoyer, avec ses frères et sœurs entendants, en France, où ils sont reçus comme refugiés. En 1989, avec ses frères et sœurs, Youssouf immigre au Canada. Aujourd’hui, elle est active auprès de la communauté sourde de Montréal et travaille, depuis neuf ans, comme aide préposée auprès d’élèves sourds à l’école Gadbois. Elle participe à diverses activités de théâtre, dont une adaptation de Romeo and Juliet en American Sign Language à Toronto, et collabore avec Cinéall, un organisme qui travaille sur des solutions de communication innovantes et créatives entre le monde des Sourds et celui des entendants, sur la réalisation du lm Un homme fou s’aspire et Souviens-toi… un dortoir. Je travaille responsable de rechercher de la musique de sourds. J’ai participé la chanson interprète de Voici le vedette B Adam, artiste sourde qui interprète Aphrodite dans « La part du diable »! Poète et comédienne engagée, elle a participé à une multitude de projets à travers les années, tant dans les milieux entendants que sourds, au Québec et à l’étranger. On peut la voir présentement au théâtre dans « La Traversée », pièce bilingue LSQ/français, en tournée avec Voyageurs Immobiles, Cie. De création. Je suis travaillé à Théâtre de The Tempest en Edmonton ‘Citadel ‘. Je serai participer differents des projets avec les entendants et aussi sourds dans Zoom. Je suis passion des théâtre et comédienne de film.  

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