Prix


Prix de la chercheure émergente (SQET)

Nous sommes très heureux d’annoncer que la Société québécoise d’études théâtrales décerne le prix de la chercheure émergente qui récompense la meilleure thèse de doctorat ayant été soutenue au cours des deux années précédant (et incluant) l’année 2020 à Maude Blanchette-Lafrance!

Les membres du jury tiennent à souligner l’originalité de sa thèse portant sur la POP culture dans le théâtre de création nord-américain contemporain. En abordant le sujet du High Art et du Low Art, la thèse traite d’un sujet d’actualité en s’inscrivant dans un contexte d’ouverture aux différentes pratiques artistiques.

Le projet doctoral se démarque en mettant de l’avant une pensée théorique approfondie, en ayant donné lieu à différentes communications et publications au Québec, en Europe et aux États-Unis, en plus d’être doublée par une pratique artistique.

La recherche postdoctorale que madame Blanchette-Lafrance réalisera à l’Université Concordia dans le cadre du groupe de recherche dirigé par la professeure Shauna Janssen à titre de chercheure et de performeuse contribuera d’autant plus à actualiser la recherche doctorale.

Au nom de la Société québécoise d’études théâtrales, nous la félicitons sincèrement!


Hommages à Marie-Hélène Falcon, membre honoraire de la SQET 2020

La SQET vise ainsi à souligner la contribution significative de Marie-Hélène Falcon à la scène artistique québécoise, à son évolution et à son rayonnement.

Hommage de Martin Faucher

Martin Faucher est codirecteur général et directeur artistique du Festival TransAmériques.

Martin Faucher, hommage à Marie-Hélène Falcon

Marie-Hélène Falcon est amoureuse inconditionnelle de la création contemporaine en théâtre et en danse.

Marie-Hélène Falcon est une femme libre, déterminée et visionnaire, mais d’abord et avant tout libre, qui de toutes pièces a inventé un événement incontournable de la scène contemporaine montréalaise, québécoise, canadienne et mondiale, le FTA.

Tout d’abord ce fut le Festival de théâtre des Amériques.   

Événement biennal qui dès 1985 convoqua les artistes les plus innovateurs des  3 Amériques et entremêla dans des éditions foisonnantes les voix des Gilles Maheu, Robert Lepage, Denis Marleau et Yves Sioui-Durand  à celles des Elizabeth Lecompte du Wooster Group, Meredith Monk, Rachel Rosenthal, Bia Lessa, Johane Akalaitis, Ariane Mouchkine, Bob Wilson, Frank Castorf, Christoph Marthaler, et combien, combien, combien d’autres.

Soudainement, sous l’impulsion de Marie-Hélène, les scènes montréalaises explosèrent et devenaient l’espace d’une édition une immense scène aux frontières sans cesse repoussées.

En 2007, dans un geste d’une audace et d’un courage rare, Marie-Hélène remet le FTA sur le métier et, malgré 20 années de succès, n’hésite pas à le transformer en Festival TransAmériques, événement tout autant influent et prestigieux devenu annuel et qui intègre dorénavant dans sa mission la danse à part entière.

J’ai travaillé aux côtés de Marie-Hélène Falcon à titre de conseiller artistique pendant huit années.

Je sais tout le soin, l’enthousiasme, les doutes, les stratégies aussi, mais surtout l’amour de l’art et des artistes qu’elle a mis pour élaborer chacune des éditions.

Sans l’immense apport de Marie-Hélène Falcon, les arts vivants québécois n’occuperaient pas la place qu’ils occupent sur les scènes mondiales.

Encore aujourd’hui, Marie-Hélène est bien présente à regarder ce qui se passe sur nos scènes.

Et quand Marie-Hélène regarde, elle regarde.

Nous devons énormément à cette femme d’une stature exceptionnelle.

Je suis privilégié de l’avoir côtoyée.

De la côtoyer encore.

Marie-Hélène, bravo pour cet honneur.

Tu le mérites.

Longue vie à toi.

Tu as encore tellement à nous apporter.

Hommage de Jessie Mill

Jessie Mill est conseillère artistique, dramaturge et éditrice. Elle travaille au Festival TransAmériques depuis 2014.

Jessie Mill, hommage à Marie-Hélène Falcon

Rive gratitude

Derrière moi, la rivière Restigouche – ou listiguj, en langue Mi’kmaw – une rivière de deux cents kilomètres qui sert de frontière naturelle entre le Québec et le Nouveau-Brunswick. Ailleurs, on parlerait plutôt d’un fleuve. À moins de quarante kilomètres d’ici, cette rivière porte le même nom, sauf qu’elle est salée et bercée par des marées. Quand j’étais plus jeune, on l’appelait la mer, mais sur les cartes elle porte toujours le nom de rivière, jusqu’à devenir une baie, un peu plus bas.

Il ne faut pas se fier aux cartes. Ça vaut toujours la peine d’aller voir soi-même, de goûter en aval cette eau salée qui ne ment pas.    

Pour imaginer un festival international comme le FTA, puis le faire grandir et mûrir pendant 30 ans, Marie-Hélène Falcon s’est appuyée d’abord sur un travail de terrain. On parle plus souvent de ses voyages à l’international, mais son appétit pour la découverte du territoire québécois précède son exploration des autres continents.

Le voyage lui est naturel, c’est un mouvement qu’elle a embrassé toute sa vie, qu’elle embrasse encore. Les déplacements, aussi petits soient-ils, font naître des perspectives rafraîchies sur le monde. Je dirais qu’une poétique du voyage préside à sa manière de vivre au quotidien, avec modestie, sans accumuler, en ne gardant que le nécessaire pour la route. Être toujours prête à partir.

Elle m’a dit, l’autre jour, qu’elle aurait aimé faire un festival au bord du fleuve.

Sortir de l’autoroute, traverser les villages, s’arrêter, s’éterniser un peu. Une méthodologie contemplative qui paraît difficile à cultiver aujourd’hui.  

Sa curiosité pour l’étranger est à saisir dans un sens élargi – l’étranger autant au sens géographique qu’esthétique et humain. L’étrangeté. Au fil du temps, Marie-Hélène a cherché à étendre le paysage dans toutes ses dimensions, à engager une quête de profondeur, hors de soi et en soi. Comme l’écrivait Edouard Glissant, “si tu n’aimes pas ton pays où tu vis, personne ne l’aimera pour toi.” Marie-Hélène aime profondément le Québec, le fleuve, les gens d’ici, leurs histoires et leurs contradictions.

*

Il y a quelques années, nous avons fait un livre sur le FTA qui m’a donné l’occasion de l’interroger sur les commencements. Les premiers voyages, les premiers rêves de festival, les premières quêtes. La même histoire deux fois racontée faisait apparaître d’autres facettes d’une curiosité pour les cultures du monde – indépendamment de son amour immodéré pour les arts. 

« Des humains, des visages, des travaux, une architecture, une pensée à l’œuvre. Ma sensibilité, me confiait-elle alors, passait par le langage, par les images, les objets, les cuisines. J’avais une fascination pour les peuples autochtones et l’archéologie. »

Quand je circule dans les archives des 35 ans du Festival, que j’examine les noms des artistes invités année après année, les pays et les régions auxquels ils se rattachent, je constate l’immense diversité des formes et des expériences convoquées, qui élargissent continûment l’acception du vocable « théâtre ». Cette matière m’instruit sur les potentialités immenses de notre art, me rappelle le caractère arbitraire des catégories, des frontières, me rend humble face aux défis du présent. Je constate les résurgences artistiques et formelles, le retour du même dans un monde qui a changé.

Dans ce corpus des éditions passées se dessine une histoire des arts de la scène que n’en racontent aucun livre, aucun manuel, aucun cours de théâtre. Une histoire qui ne n’exclut pas les grands noms, les artistes phares, mais qui met au même niveau des artistes plus jeunes, méconnus, des artisans, des praticiens de l’ombre, des artistes autochtones – nombreux dans les premières éditions du festival, des artistes précaires, menacés par la censure dans leur pays, des artistes oubliés peut-être, dont les voix semblaient essentielles au moment de leur venue. Des femmes, beaucoup de femmes. Des théâtres de traditions ou de genres obligeant à desserrer la notion de « contemporain », accueillis avec la même légitimité que les esthétiques en vogue.

*

En 2014, lors de la dernière édition du FTA signée par Marie-Hélène, j’arrivais tout juste au sein de l’équipe. J’allais être la nouvelle conseillère artistique, je n’avais pas encore de rôle précis, j’observais. On m’a confié la tâche de compiler et parfois de traduire les témoignages que des artistes, collègues et amis de Marie-Hélène avaient envoyés pour la cérémonie en son honneur qui allait se tenir le 31 mai de cette année, une mission indiscrète, car j’avais l’impression d’ouvrir son courrier. Des lettres chargées de gratitude et d’amitié lui étaient adressées de Berlin, de Gand, de Vincennes, de Cesena, de Vienne, d’Avignon ou d’ailleurs. Je mesurais l’envergure et la portée de son regard, de son action – et l’authenticité des relations établies au fil des ans.  

Son amie Frie Leysen, fondatrice du Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles, lui envoyait quelques mots, en pleine édition du Festival de Vienne dont elle assurait le commissariat. Le billet, si familier, aurait pu être laissé sur le coin d’une table par une amie partie en vitesse. Robert Lepage parlait de Marie-Hélène en ces termes : « La sage femme de la création québécoise pour la scène ». Roméo Castellucci s’adressait quant à lui à sa « sœur du Canada ». « Marie-Hélène a réalisé une chose particulièrement précieuse pour notre époque contemporaine, écrivait-il, elle a donné aux spectateurs l’occasion de penser; de penser à voir. Elle leur a fait prendre conscience de la signification profonde de ce qu’est être spectateurs aujourd’hui. Que le regard engage des choix. Que regarder est un acte politique et tragique. »

C’était émouvant et intimidant.

Je me rappelle avoir évité les pronoms lors de nos premières rencontres, bien avant cette année-là.

Vous – pour  marquer toute l’admiration et la révérence? Ou tu, pour signifier mon sentiment de familiarité avec mon festival préféré? Comme pour plusieurs collègues et ami.e.s, le FTA a été une de mes écoles. Pas de leçons, que le choc des questions qui nous hantent.

*

Marie-Hélène chérit les rencontres et les conversations, même les plus furtives, accidentelles. Celles que procure la littérature lui sont également chères, ces refuges peuplés d’humanité, salutaires en temps de confinement. Avant de quitter Montréal il y a quelques semaines, je l’ai retrouvée pour le petit-déjeuner. Elle m’a rendu une pile de livres que je lui avais prêtés. Un peu de tout, des romans surtout, qu’elle avait lus pour la plupart. Mais c’est un essai qui avait retenu son attention. Un appartement sur Uranus, les chroniques de Paul B. Preciado écrites pour le journal Libération, publiées l’an dernier chez Grasset. Marie-Hélène était impressionnée par la fulgurance de sa pensée, par l’imagination à l’œuvre dans sa philosophie qui laisse entrevoir d’autres mondes possibles.

Rien d’étonnant à ce que l’agilité et le caractère révolutionnaire de Preciado l’aient rejointe, lui qui propose « de penser en termes de relation et de potentiel de transformation plutôt qu’en termes d’identité ».  Le FTA, dans sa longue histoire a cherché à faire trembler les identités, a célébré les métamorphoses, les transmutations, les extases, sans fuir l’inconfort, la colère, la misère, la peur.

Résister à la noirceur, faire face à la peur, à la peur de l’autre.    

*

L’avenir des arts vivants est brumeux. Nous sommes à repenser nos systèmes et nos structures, souvent établis sur des iniquités, à revoir notre culture du travail pour éviter qu’elle soit assimilée à la productivité du grand capital.

Mes rencontres et mes conversations avec Marie-Hélène font partie de ces choses qui ont de la valeur en dehors de tout système.

Avec elle, et à travers le festival qu’elle nous a légué, j’ai compris : 

Que l’art n’est pas du divertissement ni de la pédagogie, qu’il n’est pas même assimilable au grand fourre-tout nommé culture, mais qu’il appartient à cette matière souvent insaisissable, voire indéfendable, qui dénote le réel et accède à une part de l’humain autrement invisible.

Qu’il ne s’agit pas de s’intéresser aux arts et aux artistes, mais de se pencher également, lorsque cela le réclame, sur les contextes :contexte d’éclosion des pratiques artistiques, de la rencontre avec les artistes, du déplacement des spectacles et celui de la convocation des spectateurs.

Qu’il n’y a pas une telle chose que mon public ou notre public, mais une humanité aussi vaste que complexe. Et qu’il faut parler aux gens, aller vers eux, faire partie, sans relâche, de celles et ceux qui regardent. 

Qu’un festival de théâtre et de danse s’imagine sur la route et dans les théâtres, qu’il faut voir et se regarder voir. Comprendre que cet acte même est politique.

Que l’exécution parfaite d’une partition ou la facture impeccable d’un spectacle ne devraient pas supplanter la vulnérabilité de l’œuvre, tant dans sa forme que dans son rapport au spectateur.

Qu’un festival est d’abord une fête païenne et archaïque! Qu’il faut réapprendre à fêter.

Dans toute sa sagacité, Marie-Hélène est toujours « active en recherche ». Sa contribution aux études théâtrales québécoises prend la forme d’un festival pérenne, carrefour de pratiques et de savoirs. Sur la base d’intuitions fortes, elle a construit et transmis cet évènement qui est aussi un espace d’apprentissage non traditionnel, comme nous en avons trop peu à l’extérieur des institutions d’enseignement. La Société québécoise des études théâtrales a bien raison d’accueillir cette grande femme à titre de membre honorifique.


PRIX JEAN-CLÉO GODIN (ACRT) REMIS À JEANNE BOVET

« Premières médiatisations de la voix, de la Comédie des Champs-Élysées au Théâtre de l’Athénée » de Jeanne Bovet est un article savant qui explore en profondeur et avec intelligence, l’utilisation à des fins esthétiques et dramaturgiques de la médiatisation de la voix (disque et microphones), principalement dans le théâtre français de la première moitié du 20e siècle. Bovet se penche avec beaucoup d’originalité sur une période de l’histoire du théâtre qui a fait l’objet de peu de travaux, de ce côté-ci de l’Atlantique, au cours des dernières décennies. L’autrice met notamment en relief les effets artistiques (présence et surprésence) auxquels a donné lieu l’usage des disques et des microphones sur les scènes françaises de cette époque. L’autrice y fait preuve de créativité dans son approche de l’histoire des arts de la scène et montre à quel point la recherche historique peut se transformer en enquête passionnante. Non seulement s’agit-il d’un texte bien structuré et d’une recherche remarquablement documentée, mais cet article est au surplus rédigé dans une langue élégante et accessible. Le prix Jean Cléo Godin est donc attribué cette année à Jeanne Bovet en raison du caractère stimulant de sa réflexion sur un dispositif sonore crucial de la création théâtrale, étude d’autant plus solide et méritoire qu’elle prend appui sur des analyses systématiques et raffinées de la médiatisation de la voix au sein d’un corpus significatif et bien balisé.  

MENTION SPÉCIALE À Marie-Eve Skelling Desmeules

Le comité souhaite également remettre une mention spéciale à l’article « Le travail du corps en tant qu’instrument vocal : l’étude des expériences de formation au sein d’un cours de voix et d’interprétation » de Marie-Eve Skelling Desmeules. Le comité désire ainsi souligner l’excellence de ses recherches qui touchent l’enseignement du théâtre. Ce domaine encore peu fréquenté par les chercheurs canadiens d’expression française mérite d’être soutenu, car la recherche théâtrale actuelle est très diversifiée. Cet article original, qui porte sur l’apprentissage de la voix et de l’interprétation dans la formation de l’acteur, expose, dans une langue claire et précise, ses fondements théoriques et sa méthodologie. Les riches données que la chercheuse a réunies grâce à des entrevues et à des observations en salle de cours lui permettent ensuite de scruter avec perspicacité et sensibilité ce qu’elle appelle « le travail du corps en tant qu’instrument vocal ». Ce faisant, Skelling Desmeules éclaire, de manière détaillée, un processus de formation méconnu et procure ainsi des résultats précieux à ceux et celles qui s’intéressent aux diverses expériences qui émaillent la formation des comédiens. Fait à noter, ses travaux sont d’ailleurs susceptibles de faire l’objet d’applications pratiques.


PLANT PRIZE WINNER

Benjamin Looker, “Staging Diaspora, Dramatizing Activism: Fashioning a Progressive Filipino Canadian Theatre in Toronto, 1974–2001,” Journal of Canadian Studies/Revue d’études Canadiennes, 53.2 (Spring 2019).

Looker’s article documents and interprets the history of the Carlos Bulosan Cultural Workshop, an amateur Filipino Canadian theatre and arts organization, from its founding until its renewal as the fully-professional Carlos Bulosan Theatre. Navigating deftly between the global and the local, Looker situates the group’s work within a worldwide diasporic opposition to the Marcos dictatorship in the Philippines, as a response to issues of equity in work and social life faced by Filipino immigrants to Canada, and within “hidden genealogies of the North American Left amid a 1980s–1990s climate of conservative reaction” (454-5). The jury was particularly impressed by the use of documentary sources to put the CBCW into these wider contexts, while also paying close attention to the wide variety of its theatrical production activities, which ranged across overtly agit-prop mixtures of sketches and vignettes, socially-engaged pieces developed with and performed by domestic workers exploring their lives in Canada, and fully-scripted dramas and musicals in both English and Filipino languages. Looker brings the under-documented work of this significant group into focus, while also acknowledging the CBCW’s complicated relationship to notions of “multiculturalism” and “diversity,” as both the plays it performed and its treatment by funding bodies often revealed how “Canadian multiculturalist discourse occluded from view the racialized hierarchies of privilege and disadvantage that shaped Filipino experiences in Toronto” (453). “Staging Diaspora, Dramatizing Activism” richly merits this year’s Richard Plant award for the breadth and depth of its examination of a particular company and its place in the history of theatre in Canada, and for its potential to point towards future work on theatre and performance of the broader North American Filipino diaspora.

Honourable Mention

Rebecca Burton, “Equity, Diversity, and Inclusion in Canadian Theatre Here and Now,” alt.theatre, 15.2 (October 2019).

Burton’s article eloquently casts a distressing light on the inequitable practices that are endemic to theatre everywhere in Canada and that have been in place, unchanged, for many years. In her choice of Playwrights Guild of Canada (PGC) and its Women’s Caucus (WC) for a cogent and detailed case study, she reveals the close to insurmountable obstacles encountered by those who have long been concerned about the problem of ongoing inequity and have been working vigorously to effect real change. Making effective use of statistics and graphs, and employing an accessible writing style, we strongly believe this article would complement many university classes, not only because it clearly indicates that plays by women are minoritized, and recognizes that even greater inequities are endured by racialized women, women who identify with disability and queer people, but because it tackles the complex issue of advocacy: why don’t great initiatives always work? What are the barriers and how can these be overcome? This article prompts discussion regarding advocacy, action, visibility, representation, entrenched biases, working with limited resources, and navigating differing perspectives.


Patrick O’Neill Award/ Le Prix Patrick O’Neill

The Patrick O’Neill Award is given each year to the best edited collection published in either English or French on a Canadian theatre and performance topic. The award is given in alternate years to a play anthology and an essay collection.

This year, we had several excellent submissions to consider as a committee, each of which engaging not only various aspects of Canadian theatre and performance but also, and more so, what we mean and what we understand by Canadian within such categorization. The collections we have determined to be the winner and runner-up this year both challenge and broaden notions of how scholarship might act to reimagine national identity as an expansive and inclusive form of action and activism. 

Prize: Q2Q: Queer Canadian Theatre and Performance. Eds. Peter Dickinson, C.E. Gatchalian, Kathleen Oliver, and Dalbir Singh. Playwrights Canada Press, 2018.

Peter Dickinson, C.E. Gatchalian, Kathleen Oliver, and Dalbir Singh’s collection, Q2Q: Queer Canadian Theatre and Performance, from Playwrights Canada Press, asks in its Introduction, “Why is it important not just to continue to tell queer stories on stage, but also to piece together the larger historical narrative of Canadian queer theatrical production and reception through our academic research?” While noted scholarship suggests that it wasn’t until the 1980s and ‘90s that matters of sexuality in North American theatre and performance studies acquired more formal academic attention, Q2Q’s editors look back further to queer playwrights and plays who, already in the 1960s and ‘70s were redefining the modern Canadian canon. They revisit as well venues, like Buddies in Bad Times, Nightwood Theatre, and Native Earth Performing Arts, that, emerging during the same period, prioritized “explorations of sexuality and gender” as well as “developing and staging Two-Spirit work.” Q2Q takes up this scholarly historical aporia not only to reassert the significant role queer theatre and performance has played in the ongoing trajectory of Canadian theatre and performance and its theoretical consideration, but also to reassess how such gaps in one’s own cultural history resonate in new and ongoing tensions in contemporary work.  

            The artists and scholars whose work comprises Q2Q do not shy away from such tensions; nor do Dickinson, Gatchalian, Oliver, and Singh in their curation. Rather, individually and collectively, they offer a concerted approach to how the label of “queer” functions both to diversify identity under a categorical umbrella while also running the risk of rendering “queerness” as monolithic and homogenous. Or, as the Introduction reads, “[W]hile it may, on some levels (including but not limited to content), be possible to account for the ways in which the ‘subculture’ of queer theatre-making is distinct from the ‘super-culture’ of so-called straight performance, how do we remain accountable to representing on stage all of the subcultures within queer culture itself?” That Q2Q accentuates questions rather than answers emphasizes the collections’ pedagogical and methodological value, as well as the need for “patience and love” through conversations that ask us to confront not only how history is told, but how we, as readers, scholars, artists, and pedagogues, are telling it ourselves in the work we do.

Congratulations, and thank you, to the editors and contributors involved in this exceptional and valuable compilation.

Runner-up: Sustainable Tools for Precarious Times: Performance Actions in the Americas. Eds. Natalie Alvarez, Claudette Lauzon, and Keren Zaiontz. Palgrave Macmillan, 2019.

Sustainable Tools for Precarious Times: Performing Actions in the Americas, edited by Natalie Alvarez, Claudette Lauzon, and Keren Zaiontz, begins in the immediate moment: the protests, rallies, and social media-led activism that followed the 2018 shooting at Marjory Stoneman Douglas High School in Parkland, Florida. Acknowledging the “instability and precarity” of the times, but also that of the position activists, scholars, and artists find themselves in as they redirect their work to increasingly global social and economic movements, this collection, as its editors indicate, “investigat[es] work in the Americas that meets the shifting demands of activism through the creation of art activist tools, sustainable spaces, and adaptable tactics that exceed the space-time of the action itself.” Further, by juxtaposing actions in Canada with those throughout the Americas, Sustainable Tools for Precarious Times makes evident Canadian scholars’, artists’, and activists’ role in a broader hemispheric context. Stunning in its bringing together of scholarly essays, interviews, and artistic provocations, this collection aligns form with content, providing not only an analytic overview of the contemporary and more recently contemporary moment through a theatre and performance studies methodology, but also a “how-to” for “keeping effective interventionist strategies in circulation.” Ultimately, Sustainable Tools for Precarious Times offers a strategy not only for how performance and scholarship reflects and reflects upon the current moment, but also might provide and hold space for an active agency within it.

Ann Saddlemyer Award 2019 (CATR), Given jointly to:

Julie Burrelle, Encounters on Contested Lands: Indigenous Performances of Sovereignty and Nationhood in Québec. Northwestern University Press, 2019.

AND

Helene Vosters, Unbecoming Nationalism: From Commemoration to Redress in Canada. University of Manitoba Press, 2019.

Citation

The committee for the Ann Saddlemyer Award/Le prix Ann Saddlemyer acknowledges that the three of us undertook our work on the traditional territories of many nations including the Mississaugas of the Credit, the Anishnabeg, the Chippewa, the Haudenosaunee and the Wendat peoples, on the unceded Coast Salish Territory of the  W̱SÁNEĆ, Lkwungen, Wyomilth peoples and on Treaty 4 territory, the traditional lands of the nêhiyawak, Anihšināpēk, Dakota, Nakoda, Lakota, and the homeland of the Métis/Michif Nation.  We are grateful for the opportunity to continue to work on these diverse lands and are committed to working towards a future of decolonization, conciliation and collaboration.

The committee also wishes to acknowledge that from the time our committee was formed until we reached our decision, the world that we thought we all knew changed dramatically and irrevocably.  While none of us are sure what this new world looks like we have, over the past four months, learned that going back to the status quo is impossible. In many ways this sense of being thrown into an unknown future guided the committee and our decision.

The committee made our decision based on the criteria listed for the award as a work that makes an original contribution by offering new directions in Canadian Theatre and Performance. The works selected are timely in their revolutionary approach to addressing serious gaps, erasures and inequities in the official historical representations of nation that glorify white settler, masculine, and military mythologies while neglecting to address the genocidal treatment of the Indigenous peoples and cultures that accompanied them. The committee is pleased to honour two timely and prescient books by awarding the Ann Saddlemyer Award/Le prix Ann Saddlemyer to Encounters on Contested Lands authored by Julie Burelle and Unbecoming Nationalism authored by Helene Vosters.  Using radically different methodologies and subject matters, both books interrogate and critique the privileged position of the white settler colonist while simultaneously deconstructing national narratives that are familiar to many of us.  Importantly, both authors frame their discussions through performance, provide meaning to the silences and gaps in traditional writings around site(s) of performance, and demonstrate that performance is central to any notion of moving forward.

Encounters on Contested Lands offers a timely, if overdue, critique of the exploitation and appropriation of Indigenous representation and performance by the French Québécois de souche. Burelle’s methodical approach and critical examination of this complex reimagining of a nation’s performed identity undermines recent attempts by the Quebec nation to perform itself though a lens of appropriated Indigeneity and Métis identity(ies). Tracing important historical developments in Quebec theatre and cinema, she finds striking examples of Indigenous art and performance that speak back to the systemic violence by performing the “endurance” that has kept them alive.  In her analysis, Burelle undermines the core of historic francophone performances of nation state with her highly original application of interdisciplinary theories including, Brown’s theory of “wounded attachments.”  The committee made note of Burelle’s careful and insightful analysis of Nadia Myre’s Indian Act and La Marche Amun as endurance performances that challenge contemporary theories and languages embedded in durational performance.  Burelle grounds the last part of the book in a trans-Indigenous methodology, citing a range of Indigenous performative strategies that defy and write-back against the violence exhibited in the previous case studies but also the totality of the violence instituted and perpetuated by settler colonialism.

Coincidentally, the heart of Unbecoming Nationalism is also endurance performance or rather performances, as Vosters interweaves self-reflective meditations and journal entries documenting her own year-long performance, Impact Afghanistan War, within her critique of Canada’s performed nationalisms. In this complex yet deeply personal book Vosters employs a highly original methodology, using a variety of self-directed cultural performance pieces to open a critical enquiry which challenges and refutes recent performances of Canada as nation state. Within this book, performance is writ large and involves an uncomfortable re-thinking and a fierce critique of various institutions, museums and events that perform an established nationalism.  Within this passionate discussion, Vosters invites her audiences to unravel the whitewashing these performed nationalisms try to conceal. Demonstrating how the Harper government’s re-performing of Canada’s military past and the Trudeau government’s performing and performance of Canada 150 while both governments  simultaneously ignored the Truth and Reconciliation Commission’s Calls to Action situates Unbecoming Nationalism as an urgent and necessary addition to our understanding how Canada is performed. Vosters book challenges the status quo, highlights contemporary performances and sites of performance that offer a counter-narrative to the official performed narrative, furthers recent explorations of architecture as performance, but most importantly challenges, no, insists, that we all do better.

Both books highlight contemporary Indigenous practices that reject traditional settler narratives or the appropriation of Indigenous narratives and traditional notions of performance that colonists/settlers brought with them and instead champion and foreground Indigenous performance narratives, sites of performance, and performance styles. In these and other ways Encounters on Contested Lands and Unbecoming Nationalism are in conversation with each other.  For many, the discussion will be challenging and uncomfortable, but both books act as guides and provide meaningful entry points to begin and continue these welcomed dialogues.

2020 Committee: Wes D Pearce, Rosalind Kerr, Cam Culham


Membre honoraire ACRT : Rahul Varma

Rahul Varma

CATR is pleased to award Rahul Varma an honorary membership in recognition of his significant and sustained contributions to theatre and the performing arts in Canada. Born in India and based in Montreal, Varma co-founded Teesri Duniya Theatre in 1986, where he remains as its artistic director. Through this company, Varma promotes cultural inclusivity, the production of original work by visible minorities, and gender equity. Varma is himself a published playwright whose work is produced internationally. His breakthrough play, Counter Offence, is a complexly layered drama exploring a range of social and political issues inflected by systemic racism and was celebrated for its honesty, insight, and capacity to transform audience assumptions. Varma was a founding editor of alt.theatre: cultural diversity and the stage, dedicated to cultural diversity on the stage. He has been a powerful, consistent, persistent voice for social justice, promoter of intercultural performance, and champion of human rights.


Lifetime Achievement Award CATR

Dr. Denis W. Salter

Dr. Denis W. Salter

CATR is pleased to recognize Denis Salter’s contributions to theatrical research by granting him the Lifetime Achievement Award. This award is presented “to honour a member of the Association who has made a significant and sustained contribution to the field of theatre research in Canada.” Having studied at UBC and the University of Toronto in the 1970s, Dr. Salter witnessed the blossoming of Canadian drama, and he contributed to this “huge cultural epistemological shift” through production reviews, an edited collection of Canadian plays, and extensive scholarship celebrating the history and character of theatre in Canada. In addition to his work on Canadian theatre, Dr. Salter’s scholarship reflects his interest in Shakespeare and Canadian adaptations thereof, as well as concerns of social justice and politics. His articles explore multiculturalism and diversity, indigeneity, and gender in both historical and theoretical contexts.

Dr. Salter has worked with alt.theatre: cultural diversity and the stage since 2006, serving as Editor-in-Chief for several years, where he continues to champion Canadian theatre and scholarship. He is a two-time winner of the Richard Plant Best Essay Prize, and an active contributor to CATR. He served on the CATR board in various capacities, including as President, from 1983 to 1989, and he has subsequently participated in a number of CATR committees. He sat on the editorial board for Theatre Research in Canada/Recherches théâtrales au Canada for 22 years, from 1993 to 2015.

Nominator Ted Little describes Dr. Salter as “a lover of language, debate, discourse, and effective communication; a caring, collegial, and generous human being; and a diligent scholar, excited by new research, and supportive and curious about the ideas of others.” Dr. Salter has been a teacher, mentor, valued colleague, and friend to hundreds. Over the course of his career, he has explored the cracks and sought the light across a wide range of research interests—teasing out interconnections, and using the security of his position as a tenured academic to advocate for others, to shed light on artists, authors, students, and thinkers whose work might not otherwise be seen or heard.


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